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Le VIH en Afrique aujourd'hui : chiffres, prévention et accès au dépistage

Plus de quarante ans après le début de l'épidémie, l'Afrique subsaharienne concentre toujours la majorité des personnes vivant avec le VIH. Les chiffres racontent pourtant des progrès considérables, et une inquiétude nouvelle : la baisse des financements. Tour d'horizon, chiffres officiels à l'appui.

Deux Afrique face au virus

Les statistiques de l'ONUSIDA distinguent deux grandes régions. En Afrique orientale et australe, de l'Afrique du Sud au Kenya en passant par le Mozambique ou la Zambie, 21,1 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2025, soit plus de la moitié du total mondial. On y a compté 420 000 nouvelles infections et 240 000 décès liés au sida dans l'année.

L'Afrique de l'Ouest et du Centre est moins touchée en nombre : 5,2 millions de personnes vivant avec le VIH, 190 000 nouvelles infections et 110 000 décès en 2025. Mais elle accuse un retard dans l'accès au traitement, en particulier pour les enfants.

Ensemble, les deux régions regroupent environ 26 millions de personnes vivant avec le VIH, près des deux tiers des 41 millions recensés dans le monde, et à peu près la moitié des nouvelles infections.

Des progrès qu'on n'imaginait pas il y a vingt ans

Au pic de 2004, 2,1 millions de personnes mouraient chaque année de maladies liées au sida dans le monde. Elles étaient environ 570 000 en 2025, soit une baisse de 73 %. Les nouvelles infections, elles, ont reculé de 65 % depuis leur pic de 1994.

Le traitement antirétroviral a changé la donne. En Afrique orientale et australe, 85 % des personnes vivant avec le VIH étaient sous traitement en 2025, et 95 % des femmes enceintes séropositives recevaient les médicaments qui évitent la transmission à l'enfant. En Afrique de l'Ouest et du Centre, ces proportions tombent à 74 % et 70 %, et seuls 41 % des enfants vivant avec le VIH y recevaient un traitement.

Comprimé de traitement antirétroviral posé sur une surface blanche
Aujourd'hui, un traitement antirétroviral peut tenir en un comprimé par jour.

Le traitement protège aussi les autres. L'OMS le rappelle depuis 2023 : une personne dont la charge virale est rendue indétectable par le traitement ne transmet pas le VIH à ses partenaires sexuels.

Le dépistage, maillon décisif

Pour accéder au traitement, il faut d'abord se savoir porteur du virus. Selon l'ONUSIDA, 88 % des personnes vivant avec le VIH connaissaient leur statut en 2025 ; environ 5 millions de personnes l'ignoraient encore. L'objectif international, dit « 95-95-95 », vise 95 % de personnes dépistées, 95 % d'entre elles sous traitement et 95 % de celles-ci avec une charge virale contrôlée.

Les outils se sont diversifiés. Les tests rapides donnent un résultat en quelques minutes, au dispensaire comme lors de campagnes mobiles. L'autotest, recommandé par l'OMS depuis 2016, permet de se tester chez soi ; un résultat positif doit toujours être confirmé par un professionnel. Le dépistage proposé pendant le suivi de grossesse a aussi fait reculer les infections chez les tout-petits : elles ont baissé de 69 % dans le monde depuis 2010.

Test rapide de dépistage du VIH posé sur une table en bois
Un test rapide du VIH, lors d'une journée de dépistage dans un hôpital de Mogadiscio, en Somalie.

Prévenir : une palette plus large

Le préservatif reste l'outil le plus simple et le moins cher. S'y ajoute la PrEP, un traitement préventif destiné aux personnes séronégatives exposées au risque. L'OMS en recommande désormais plusieurs formes : le comprimé, l'anneau vaginal à la dapivirine et des injections à action prolongée. En juillet 2025, elle a ajouté le lénacapavir, une injection deux fois par an.

Sur le terrain, l'accès dépend des stocks, des prix et de l'organisation des systèmes de santé : ces nouveaux outils ne sont pas encore disponibles partout.

Le financement, nouvelle inquiétude

Fin 2025, 17,6 milliards de dollars étaient disponibles pour la riposte au VIH dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, environ 20 % de moins que les 21,9 milliards jugés nécessaires chaque année d'ici 2030. Les financements internationaux ont reculé de 18 %, leur plus forte baisse depuis près de vingt ans selon l'ONUSIDA, tandis que les budgets nationaux, qui représentent environ 60 % des ressources, progressaient de 4 %. L'organisation prévient que, sans effort supplémentaire, les nouvelles infections pourraient repartir à la hausse.

Et en France ?

Le contexte n'a rien à voir, mais un point est commun : le dépistage reste la porte d'entrée. Test au laboratoire sans ordonnance, centres gratuits, autotest en pharmacie : tout est expliqué dans notre page VIH et IST : se faire dépister. Et pour le reste, voici les gestes de prévention de base.

Pour aller plus loin

Chiffres 2025 : ONUSIDA, fiche d'information 2026 (estimations épidémiologiques publiées en juillet 2026).

Région africaine : OMS, fiche d'information VIH et sida (juillet 2025, données de fin 2024).

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Page d'information générale, mise à jour en octobre 2026. Pour toute question personnelle, parlez-en à un professionnel de santé.